Nouvelle actualité

Ouverture de la mairie
21/01/2019

Le secrétaire de mairie étant absent pour raison de santé, une permanence est assurée en mairie par les élus chaque matin de 10h00 à 12h00 (du lundi au vendredi).

Carte Mesves sur Loire

MERCI & Discours des Maires de Mesves et Bulcy

MERCI & Discours des Maires de Mesves et Bulcy

MERCI !

Oui : merci à vous tous qui avez particpé à la commémoration du centenaire de l'installation du camp-hôpital américain dimanche dernier. Vous êtes venus nombreux pour l'inauguration de la stèle. Vous avez été pris par la solennité des discours et l'écoute des hymnes américain et français. Vous avez apprécié les saynètes jouées par les jeunes Mesveroises et Mesverois. La petitesse de la salle des fêtes n'a pas permis que vous puissiez tous assister à la représentation de 'T'as le salut du Poilu". Très nombreux, vous avez découvert la variété des objets exposés, vous avez regardé le diaporama des photos prises pendant la présence des Américains, et vous avez situé exactement le camp-hôpital grâce à la maquette créée pour la circonstance.

Merci à vous qui avez par vos prêts ou dons d'objets contribué à l'exposition.

Merci à vous pour vos commentaires de satisfaction qui nous sont parvenus, nous élus et bénévoles de Mesves et de Bulcy.

En ce jour de D-DAY, nous vous disons THANK YOU !

Discours de Bernard Gilot, Maire de Mesves sur Loire :

Mesdames, Messieurs,

La déclaration de guerre du congrès américain du 6 avril 1917 était inscrite dans la suite logique des événements.

Avec l'entrée des États-Unis dans la Grande Guerre, celle-ci prend un caractère non plus européen mais mondial.

Le Monde est en conflit depuis trois ans déjà et les dirigeants américains, après le désastre français, comprirent la nécessité d’intervenir intensément et précipitamment.

C’est ce qu’ils firent avec un enthousiasme ardent et des moyens considérables.

La guerre s’est soldée par une victoire mais aussi par un nombre de victimes incroyablement élevé.

Le nombre de soldats malades ou blessés oblige le corps expéditionnaire américain de la première grande guerre à établir à Mesves et Bulcy son organisation sanitaire champêtre et autonome. C’est la plus importante de France et certainement d’Europe.

La soudaineté des mouvements sanitaires des alliés d’outre-Atlantique pendant ces années 1917 –1918 a impacté notre région ; mais hélas les Américains, peuple enclin au matérialisme, n’ont laissé en mairie des deux cités occupées, nul document ou souvenir de leur passage. Seule, la dénomination de « Camp Américain de Mesves » est restée dans les esprits.

Pourquoi et comment les alliés ont-ils choisi ce site ?

Un soir d’automne, des reconnaissances aériennes partant de Châteauroux, sillonnent  le ciel de notre région nivernaise. Le val de Loire attire particulièrement leur attention car la route Nationale 7 et surtout l’importante voie ferrée du Bourbonnais se suivent parallèlement.

Les aviateurs braquent leur attention sur la grande étendue de terrains plats s’étendant du village de Mesves à la localité de Bulcy. Un vaste prolongement conduit même à l’autre bourg de Varennes-lès-Narcy. La route départementale 525, presque droite, longeant cette superficie uniforme, les intéresse également.

Ne remarquant d’autre part nul obstacle naturel ou artificiel, ils en retiennent de judicieuses données pour l’établissement du rapport qu’ils sont chargés d’établir.

C’est ainsi que l’entreprise « COMTE et BOGGIO FRERES » a réussi avec succès une sélection rigoureuse puis obtenu, par adjudication devant cinq sociétés concurrentes, le droit d’exécution des travaux pour l’implantation du premier lot, du « Camp Hôpital Américain numéro 1 de 10.000 lits ». La société s’engage à construire du solide, du convenable au point de vue confort et hygiène et à en activer la mise à disposition.

Ces travaux mobiliseront, avec le personnel complet et les services afférents, 16 000 personnes environ qu’il faudra loger. Au personnel venu du sud, s’ajoutent d’autres recrues de la proche région. Arrivent ensuite des travailleurs étrangers : ce sont notamment des Espagnols, des Portugais, des Suisses, puis des Asiatiques, des Sud-Américains, qui grossissent l’effectif d’un chantier qui prend jour après jour des dimensions plus importantes.

Le Pays est en conflit depuis plus de trois ans ; son activité industrielle est concentrée sur les fabrications de guerre. Tout manque pour l’approvisionnement civil du camp d’autant plus qu’un second hôpital en construction dans la région de Mars sur Allier et également situé en Nièvre, subit la même pénurie de matériaux.

Un rapport, aussi net que précis, est adressé au président des ETATS-UNIS, précisant qu’il faut imposer de toute urgence une expédition des marchandises nécessaires à l’organisation des camps-hôpitaux.

Malgré toutes ces nombreuses difficultés, l’entreprise de construction achève fin juin le plus gros de son œuvre.

Dans cette vaste agglomération de bâtisses standards, élevées de terres comme des champignons, tout est prévu :

  • Des rames ferroviaires entières arrivent jusqu’au centre du camp.
  • Une seconde ligne de voie ferrée est construite d’urgence pour recevoir les trains Hôpitaux. La jonction des lignes se fait par un aiguillage proche d’ici.

Ainsi, Mesves réceptionne son train de marchandises presque chaque jour.

L’afflux de victimes est considérable ! Un nombre impressionnant de blessés est même placé dans les allées centrales des pavillons.

De nombreuses femmes de Mesves et des environs sont employées  sur le camp. Des liens amicaux et affectifs avec les Américains  se tissent.

Un mariage d’une française Melle Marguerite BRIT de POUILLY   avec le sergent américain Georges BROWN est célébré, et un fils MAXIME  est né en 1923 de cette union : il repose aujourd’hui au cimetière de Pouilly. Le petit-fils possède toujours une résidence à Pouilly sur Loire.

Vous trouverez, de cette période à la fois tragique et émouvante, une exposition à la salle des fêtes de Mesves sur Loire.

Je vous invite vivement à venir découvrir les objets du quotidien de ces soldats, mais aussi d’autres objets, plus insolites, qui démontrent qu’une vie culturelle, associative et sportive s’était créée dans ce camp de soldats. Vous trouverez également la maquette du camp conçu par le menuisier de Mesves, Monsieur Yves Beaufrère avec la participation des enfants de l’école de la commune.

Je remercie toutes les personnes qui ont prêté leurs collections et leurs documents. et surtout les jeunes de Mesves épaulés par la conseillère municipale Anne-Marie Gougry qui vont vous interpréter des saynètes originales, inspirées de l’ouvrage de François TORCOL, en première partie de la pièce de Théâtre « T’as le salut du poilu » incarnée par la troupe de l’Eprouvette.

Et je salue également la volonté des habitants des deux communes à vouloir célébrer cet événement qui s’inscrit dans notre action citoyenne de perpétuer le devoir de mémoire pour nos descendants, pour ceux qui nous suivent et qui sont l’avenir de notre monde.

La liberté et la démocratie se sont bâties sur des champs de bataille, cet endroit en est un témoignage.

Cette stèle que nous inaugurons aujourd’hui, installée au milieu du camp, marquera notre amitié ainsi que notre gratitude pour le peuple américain.

Je vous remercie.

Discours de Philippe Homage, Maire de Bulcy :

Mesdames et Messieurs les officiels,

Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues,

Mesdames, Messieurs,

Je commencerai en reprenant une phrase dorénavant célèbre «  Yes, we can ! » et nous l’avons fait. Cette stèle s’inscrit dans notre devoir de mémoire que nous nous devons de partager avec les jeunes générations, mais également avec toutes les familles qui se sont installées sur nos communes, ces dernières décennies, et qui ignorent la présence d’un camp hôpital américain ici même. Cette stèle nous permet de rendre hommage à ceux qui moururent bien loin de leurs familles et de leur pays. Elle témoigne de ce qu’a été le sacrifice de la grande nation américaine.

Il est vrai qu’en voyant ces paysages paisibles qui évoluent au fil des saisons, il est difficilement imaginable que ces lieux furent le théâtre d’une page extraordinaire de l’histoire de Mesves et de Bulcy. De nos jours, il ne reste qu’une dizaine de plateformes en béton, envahies par les broussailles, et des chemins d’exploitation caractérisés par leurs grandes lignes droites et des intersections à angle droit. Ces chemins de 5 m de large, empierrés sur 40 cm de profondeur, ont su résister aux années et cent ans après, sans entretien particulier, ils sont encore présents malgré le passage d’engins agricoles de plus en plus lourds.

Ce camp-hôpital américain numéro 1 reste dans les mémoires sous le nom de «  camp de Mesves » alors qu’il était en majorité implanté sur la commune de Bulcy, et la ferme des Asserts en était le centre. Pas moins de 200 hectares furent réquisitionnés.

Au départ, les autorités américaines prévoyaient une capacité de 10000 lits. Ce qui fut réalisé avec la construction de la zone A dont la plateforme des bâtiments faisait 25 m de long sur 6 m de large. Mais, très vite, avec le nombre croissant de blessés, le commandement décida la construction d’une zone B dont la taille des bâtiments était de 50 m de long sur 10 m de large. En 10 mois, 825 bâtiments virent le jour. Chaque bâtiment était équipé d’un courant en 110 volts, le 220 volts étant réservé aux bâtiments de radiographie et d’opération. S’il a fallu attendre 1960 pour que chaque foyer de Bulcy connaisse les joies de l’eau courante, le camp américain, lui, en bénéficiait déjà 40 ans plus tôt. L’eau était captée dans le lit de la Loire, à Mouron, traitée au chlore, puis acheminée par des canalisations en fonte de 200 mm de diamètre, jusqu’aux quatre châteaux d’eau, avant d’être redistribuée sur l’ensemble du camp.

A cette époque, il était courant de dire qu’à Bulcy, on parlait toutes les langues. Effectivement, on pouvait y croiser des personnes venues des 4 coins du monde qui participaient à la construction du camp.

Au plus fort de son activité, le centre de Mesves-Bulcy comptait un total de 20 186 patients. Au 31 mars 1919, le nombre total de patients passés par l’hôpital de Mesves-Bulcy étaient de 38 765. 708 y moururent.

Parmi ces patients, il en est un que Bulcy  doit garder particulièrement en mémoire. Le jeune lieutenant James Fairbank Smith, âgé de 24 ans, admis au camp-hôpital de Mesves-Bulcy pour une simple crise d’appendicite, ce qui fût à l’origine de l’amitié qui, durant un demi-siècle, unira cet américain aux habitants de la commune. Rentré aux Etats-Unis, à l’automne 1919, il a toujours manifesté un profond et sincère attachement à la commune et à ses habitants, lui réservant une visite à chacun de ses voyages en Europe. Il a participé, pour une large part, aux frais du monument aux morts. Avec la plus grande discrétion, et en toute modestie, il faisait distribuer de nombreux dons en espèce et en nature, aux personnes les plus fragiles. C’est pourquoi, le Conseil Municipal, réuni le 11 juin 1939, le nomme « citoyen français d’honneur de la commune de Bulcy ». James Fairbank Smith reçu également plusieurs hautes distinctions. Il fut fait chevalier de la légion d’honneur et chevalier du mérite agricole.

En cette journée, je suis agréablement surpris par l’effervescence que suscite cette commémoration auprès des habitants de Bulcy et de Mesves, et les remercie pour leur implication. Cette stèle marquera à tout jamais notre reconnaissance envers le peuple américain qui, par ses sacrifices, aura fait basculer l’issue de la guerre.

Merci !

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